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CIA STARGATE release

CIA-RDP96-00787R000500160002-0

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Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
étude de quelques déformations
et transformations apparemment
anormales de métaux
C. Crussard (*), J. Bouvaist ( ** )
INTRODUCTION
L'un de nous ayant été brutalement mis en face
d'un cas de déformation d'éprouvette métallique
sans intervention apparente d'une force extérieure
(1), nous avons pensé qu'il était de notre devoir de
chercheurs métallurgistes d'essayer d'étudier systé -.
matiquement ce genre de manifestations. Aussi nous
sommes nous adressés à J.P. Girard, qui était réputé
produire des effets « anormaux » sur les métaux et
désirait expérimenter devant des scientifiques. Le
présent article a pour but de décrire quelques-uns
des essais que nous avons effectués avec lui depuis
près de deux ans.
Quelques semaines après le début de nos essais,
J.P. Girard nous avait prévenus qu'il avait pratiqué
la prestidigitation. Quelques temps après, nous
avons d'ailleurs appris de deux ou trois côtés à la
fois qu'il était inscrit sur « l'annuaire des magi-
ciens ». Au début, il opérait de façon un peu confuse
et enveloppée, rappelant le style d'un illusionniste ;
malgré cela, dès cette période initiale, J.P. Girard a
produit des effets intéressants ; diverses person-
nalités scientifiques ont assisté à quelques-unes
de ces démonstrations. Nous avons peu à peu
obtenu que J.P. Girard simplifie sa manière d'agir
et se prête à un protocole plus rigoureux. Mais
nous avons observé sur nos enregistrements quel-
ques gestes qui impliquaient une action muscu-
laire.
Ce mélange d'effets frappants et
d'éléments
douteux nous a incités à une étude critique qui a
été assez longue ; nous pensons intéressant d'en
retracer ici les principales étapes.
Pour nous entourer d'avis variés, nous avons, dès
août 1976, consigné l'ensemble de nos observations,
de nos réflexions et de nos doutes dans un rapport
provisoire qui a été distribué alors à de nombreu-
ses personnalités scientifiques ; dans ce rapport,
nous avions mentionné ce que nous savions sur
J.P. Girard comme prestidigitateur et quelques-uns
de nos doutes sur les « appuis > qu'il pouvait
donner plus ou moins consciemment en cours
d'essais. Nous avons complété ce rapport par
des présentations de documents (éprouvettes, mi-
crographies, diagrammes, enregistrements « video »)
en faisant un échantillonnage des essais sûrs
et d'autres moins bons, car il aurait été incor-
rect de présenter une sélection trop optimiste. Dans
ces présentations, et pour élargir l'information sur
J.P. Girard, nous avons aussi montré des films d'ori-
gines extérieures variées et d'ailleurs de valeurs iné-
gales. Des illusionnistes, français et étrangers, ont
assisté à certaines présentations : ils nous ont aidés
à préciser notre opinion sur certains endroits ; l'un
d'eux a découvert un indice de truquage sur un film
que J.P. Girard nous avait procure sans nous dire
qu'il était truqué. Les avis recueillis au cours de
toutes ces discussions, nous ont aidés dans l'étude
critique de nos documents, et dans diverses véri-
fications que nous avons faites dopuis. J.P. Girard
s'est prêté à quelques contre-essais, dont un au
moins très intéressant (*). Tout ceci nous a pris
du temps et explique le long délai entre nos pre-
(1) cf. Sciences et Avenir, nº 345 (novembre 1975), 1 108.
(*) Pechiney Ugine Kuhlmann, Paris.
( ** ) Centre de Recherches, Aluminium
Pechiney
Vo-
Approved For Release 2000/08/07): GIA-RDP96-00787R000500160002-0
reppe.
1
118 Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
C. CRUSSARD J BOUVAIS!
I
miers essais et la parution du présent article ;
mais nous pensons que cette étude critique a été
poussée assez loin, sinon presque trop loin, et que
le moment est venu de publier les plus typiques
de nos expériences.
La sélection que nous présentons résulte donc
d'un long travail de criblage. Des 150 éprouvettes que
J.P. Girard a déformées ou transformées devant nous
ou nos collaborateurs, il n'y en a qu'une vingtaine
où nous puissions affirmer de façon positive le
caractère « anormal » des effets observés ; nous ex-
posons dans la suite de cet article huit de ces cas,
les plus typiques. Mais il faut dire que, parmi les
essais éliminés, il y en a très certainement une ma-
jorité de valables, car nous avons pris un crible trop
sévère en écartant des démonstrations qui ne
suivaient pas un mode opératoire fixé d'avance.
D'autres essais, avec jauges
extensométriques,
seront publiés ultérieurement.
Notre souci de rigueur élimine ainsi des observa-
tions assez remarquables, portant sur des défor-
mations à distance, des déformations d'objets ou
éprouvettes dans les mains mêmes d'observateurs
au-dessus de tout soupçon, ou tenues à chaque
bout par J.P. Girard et par un observateur.
Les essais que nous allons relater ont été conduits
sous notre responsabilité personnelle, avec l'autori-
sation de Pechiney-Ugine-Kuhlmann. Nous tenons à
remercier ceux de nos collaborateurs qui ont bien
voulu nous aider dans l'étude délicate de ce domaine
controversé, notamment MM. J. Rauch, G. Jollant et
B. Dubost. Nous tenons aussi à exprimer notre re-
connaissance au Professeur J.B. Hasted, professeur
de physique au Birkbeck College de l'Université de
Londres, pour avoir bien voulu patronner un essai
dans son laboratoire.
DESCRIPTION DES ESSAIS
Flexion d'éprouvettes métalliques
Pour éviter que J.P. Girard puisse plier subreptice-
ment une éprouvette, nous avons utilisé souvent des
barres d'assez forte section en métaux variés :
Expérimentateurs :
surtout aluminium et alliages légers (barres de
J. Bouvaist et B. Dubost.
250 à 350 mm de longueur et 8 à 17 mm de dia-
mètre), mais aussi cuivre, acier doux, acier inoxyda-
ble, magnésium. Nous avons déterminé les forces
(moments fléchissants) nécessaires à fléchir nos
éprouvettes, par mesures et par calculs. Pour pouvoir
comparer les valeurs de résistance des éprouvettes
aux efforts qu'elles auraient pu subir s'il y avait eu
truquage par flexion subreptice, nous avons déter-
miné le moment maximal qu'un homme peut dévelop-
per en saisissant une barre à deux mains et en
déployant toute sa force .... ce qui ne passe pas ina-
et elle
perçu Approved For Release 2000/08/07 : CIA RDP96-00787R00056016000210 expe.
mométrique à poignées, de 400 mm de long, que nous
avons fait essayer à de nombreuses personnes. Les
moments maximaux varient, selon les individus, de
20 à 38 N.m; la médiane est vers 25 N.m ; J.P.
Girard a développé 26 N.m avec un effort très
visible. Ces valeurs ont été confirmées par essais
directs sur des barres ; on en verra un exemple
ci-après (Séance du 27 octobre 1976).
Il ne saurait être question de décrire ici tous ces
essais, ni d'en faire la revue critique ; nous avons
choisi pour cet article les deux plus typiques :
Séance du 31 mars 1976,
au Centre Technique de l'Aluminium.
Expérimentateurs :
J. Rauch et G. Jollant, aides d'un assistant pour
l'enregistrement vidéo.
Au cours de cette séance, dans une pièce voisine
de celle où était J.P. Girard, un expérimentateur, G.
Jollant, a pris une barre de duralumin durci en alliage
AU4G état T4 (c'est-à-dire trempé mûri) de 250 mm
de long et 8 mm de diamètre ; son moment fléchis-
sant critique assez élevé (15 N.m) empêche qu'on
puisse la plier sans faire un effort visible. G. Jollant
l'a fait rouler sur un bureau, a constaté qu'il n'y
avait aucun faux rond, l'a marquée et mise lui.
même dans un tube de verre qu'il a fermé avec un
bouchon. C'est la seule fois où nous avons pu
obtenir de J.P. Girard qu'il ne touche pas une
éprouvette à fléchir avant qu'elle soit enfermée
dans un tube.
G. Jollant a porté le tube fermé à J. Rauch, qu
l'a donné immédiatement à J.P. Girard et, à parti
de là, tout a été filmé. Le bouchon, ou la barre
dans le tube, ou les deux, étaient toujours visibles.
Après s'être concentré et avoir déclaré qu'il sentait
quelque chose, J.P. Girard a confié le tube, toujours
bouché, à J. Rauch. Celui-ci l'a débouché, a retiré
la barre qui était visiblement fléchie, et l'a posée
sur le bureau, puis sur une barre plate de façon
à faire voir la flèche qui est ainsi rendue très visi-
ble. Cette flèche était de 2 mm.
Séance du 27 octobre 1976,
à Grenoble.
Nous décrivons ici l'essai effectué sur la plus
grosse barre. Il s'agissait d'une barre de 17 mm
de diamètre et 300 mm de long, en alliage AU2
(à 2,05 % Cu) à l'état T4 (trempé à l'eau froide
et mûri pendant 1 an) ; cette barre avait été munie
de repères gravés dans la masse ; on avait noté l'em-
placement de petits défauts caractéristiques ; elle
avait été apportée sur les lieux de l'expérience dans
une voiture autre que celle qui amenait J.P. Girard.
C
€
r.
i.
-
t
r
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J
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C
5
3
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Approved For Release 2000/08/07: CIA-RDP96-00787R000500160002-0
Ce barreau avait préalablement fait l'objet de tests
de flexion par des hommes très forts, et seul un
homme de 140 kg avait pu obtenir, sur ce barreau,
une deformation faible, mais significative, après
s'être enduit les mains de magnésie (flèche de
0,6 mm correspondant à un moment appliqué de 38
N. m). Le plan de flexion avait alors été marqué par
des gravages effectués sur les deux extrémités. Des
essais ultérieurs avaient permis de vérifier que, mê-
me en s'aidant d'un appui fixe à mi-longueur, un
homme moyen ne pouvait accentuer cette déforma-
tion en pesant de tout son poids (65 kg) sur les deux
oxtremités.
Au cours de l'essai, les deux expérimentateurs
étaient assis de part et d'autre, à environ un mètre,
de J.P. Girard qui opérait en bras de chemise, man-
ches roulées, sans alliance. J.P. Girard réalisa suc-
cessivement quatre déformations de ce barreau en
tenant une extrémité dans sa main droite et en ca-
ressant doucement la partie libre de sa main gauche
(flexions 1 et 2) ou en imposant celle-ci à 5 cm au-
dessus de l'échantillon (flexions 3 et 4). Après cha-
que déformation, un observateur relevait le profil de
l'éprouvette pendant que l'autre restait auprès de
J.P. Girard. Les deux déformations les plus impor-
tantes (3 et 4) ont pu être suivies à l'œil ; elles se
sont produites toutes deux vers le bas pendant une
durée de l'ordre de 10 à 20 secondes ; on a vérifié,
après chaque déformation, qu'aucun échauffement
n'était détectable par toucher manuel de la barre, et
que les flexions réalisées sans effort par J.P. Girard
se faisaient toutes dans un même plan (incliné de.
34° par rapport au plan de flexion initiale mentionné
plus haut), repéré par les gravages indiqués plus
haut ; ceux-ci permettaient d'ailleurs de vérifier à
chaque instant qu'il s'agissait toujours bien du mê-
me barreau. Immédiatement après l'expérience, les
échantillons ont été mis dans une valise et emmenés
au laboratoire.
Décrivons maintenant les examens de laboratoire :
On a d'abord vérifie en laboratoire que tous les
repères, gravages et défauts dont était initialement
doté le barreau, étaient présents sur le barreau ra-
mené de l'expérience, permettant d'affirmer, sans
équivoque, qu'il n'y avait pas eu substitution d'échan-
tillon. La figure 1 donne une image de la barre après
l'expérience.
Les examens suivants ont eu pour but de caracté-
riser, d'une manière non destructive, les modifications
introduites dans le barreau, et ce plus particulière-
ment dans la section A correspondant au maximum
de courbure. On note :
- un accroissement significatif de dureté des deux
fibres situées dans le plan de flexion atteignant un
maximum de 11 points Vickers (soit 27 %) dans la
section A, correspondant à la courbure maximale. La
longueur de la zone où la dureté est supérieure à la
dureté initiale est d'environ 120 mm (60 mm de part
et d'autre de la section A),
- dans la section A, perpendiculaire au plan de fle-
xion, la dureté mesurée sur la circonférence est ma-
ximum dans le plan de flexion et varie linéairement
avec la cote par rapport à la ligne neutre, comme
dans le cas d'une flexion simple.
Afin de déterminer le moment qu'il faut appliquer
par flexion mécanique au barreau pour obtenir la flè-
che permanente observée, nous avons procédé à la
flexion mécanique d'un barreau témoin identique au
précédent avec une distance entre appuis fixes de
200 mm. La variation de la flèche résiduelle mesurée
en fonction du moment appliqué est donnée dans la
figure 2. On peut ainsi déduire que, pour obtenir la
flèche observée sur le barreau fléchi par J.P. Girard
9
B
7
6
AU! TI
5
21
Photographie de la ba
AU2 de 17 mm de diamètre, après flexion.
Approved For Release: 2000/08/07 . CIA-RDP96-00787R000500160002-0
.
120
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
C. CRUSSARD. J. BOUVAIST
:
EXPERIENCE
AU2-T4
(1)
i moment
applique
L = 300 mm
Rp = 63 NPa
Rm = 162 MPa
100-
courbe d'étalonnage
A, := 26,8 %%
FLEXIONS
:
75 Mm
3
.
70 Km
2
62 HA
J. P.G.
1
54 Km
50 -
38 I'n
Maxi hommes
25 km
Mcyanne hommes
ica force à 2 mains
flèche residueile à mi_longueur
0,6
3
6
10
13,5
20
30
Figure 2. - Diagramme donnant la flèche en fonc-
tion du moment appliqué pour une barre témoin
identique à celle de la figure 1.
(fr = 13,5 mm), il faut appliquer un moment M d'en-
viron 75 N . m, soit 2 fois et demie le moment cri-
tique Mc = 30 N . m, et deux fois le moment exerce
par l'homme le plus fort que nous ayons teste.
L'énergie totale de déformation peut être calculée
à 11 J.
Les résultats précédents permettent d'exclure
complètement l'hypothèse de déformations subrep-
tices d'origine musculaire qui auraient échappé à la
vigilance des observateurs. Le fait que l'on observe
une consolidation « normale » de la zone déformée
permet d'exclure en outre l'utilisation subreptice de
moyens thermiques ou chimiques ayant diminué loca-
lement la résistance mécanique de l'alliage.
En conclusion, l'ensemble des observations effec-
tuees pendant et après l'expérience sur le barreau
en duralumin déformé par J.P. Girard lors de l'expé-
rience du 27 octobre 1976 permet de conclure :
- que les déformations successives réalisées
n'ont pas été et n'auraient pas pu être produites par
- que la déformation finale obtenue est en tous
points comparable à celle que l'on obtiendrait en
appliquant au milieu de la barre reposant sur deux
appuis une force ponctuelle de 1 500 N.
Essais en tubes fermés sur acier inoxydable
Matériaux et conditions opératoires
Au cours d'une séance au Centre Technique de
l'Aluminium, le 25 mars 1976, devant trois expérimen-
tateurs (C. Crussard, J. Rauch et G. Jollant) et qua-
tre autres spectateurs, ont été observées des trans-
formations martensitiques, avec ou sans déformation,
d'éprouvettes provenant d'une coulée d'acier inoxy-
dable austénitique de composition spéciale non
commerciale, ayant servi antérieurement à une étude
de la transformation martensitique par déformation ;
cette coulée contenait essentiellement : Cr = 17,8 %.
Ni
7,4 %,
Mn
1,56 %, Si
0,36 0,
C = 0,050 %, N = 0,034 %.
Deux éprouvettes restant de cette étude ont été
utilisées à cette fin ; il s'agissait d'éprouvettes è
corps cylindrique (diamètre 7 mm et longueur
85 mm) et à têtes lisses de diamètre 12 mm. Ce:
éprouvettes avaient subi une trempe à l'air à 1 050℃
(1 h en bain de sel), un usinage de finition et une
attaque fluonitrique, donnant au corps de l'éprouvette
un aspect satiné. La structure resultante est amagné
tique, à part quelques endroits de la couche super
ficielle d'usinage. Les points de transformation:
martensitique dans cet état sont : Ms = - 40℃ e.
Md = + 90°C.
Ces deux éprouvettes avaient été confiées pour
quelques jours à J.P. Girard. Au début de la séance.
elles ont été marquées au crayon électrique de
gros chiffres entourés d'un cercle irrégulier nº 2
et 3 ; une autre éprouvette, marquée de la même
façon nº 1, a servi à un autre essai non significati!
et sera reprise plus tard pour un contre-essai de
simulation ; on voit sa marque sur la figure 5
C'était la première fois qu'on utilisait avec J.P.
Girard des éprouvettes de ce genre et qu'on les
marquait ainsi. Ce sont ces éprouvettes ainsi mar-
quées qui ont été ramassées à la fin de l'essai
dans les conditions que nous verrons : il n'y a pas
eu de possibilité de substitution.
Après marquage, l'un de nous (C. Crussard) a vé-
rifié la rectitude de ces éprouvettes nº 2 et 3 en les
faisant rouler : aucun « faux rond ». Il a verifie aussi
leur état magnétique. A cet effet, une méthode rapide
et simple pour évaluer de point en point le magnétis-
me consiste à utiliser un petit aimant puissant, en
fer à cheval, en Ticonal 1500 (surfaces polaires
7 × 4 mm2, distantes de 8,5 mm) suspendu au bout
d'une chaînette. Pour faire la mesure, on part d'une
position où l'aimant est au contact de l'éprouvette,
utilisatiApproved For Release 2000/98/07 : CIA-RDP96.00787R06050016000Lessive-
"jusqu'à
ce que l'aimant decolle.
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M.
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L
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jou
d'a
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en:
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.
Ø = 17 mm
Mc = 30 Mm
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
Mesurant la distance horizontale de l'aimant à
l'éprouvette à ce point, D, connaissant la masse de
l'aimant (22 gr) et la longueur de la suspension, on
peut calculer la force d'arrachement F. Au cours de
cette vérification, sur le milieu des deux éprouvettes
et sur les têtes, la distance D définie ci-dessus n'a
pas dépassé 2 à 3 mm, ce qui correspond à des for-
ces d'arrachement F de l'ordre de 0,01 N, dues à
quelques traces de martensite superficielle produite
par l'usinage.
Après cette vérification, les éprouvettes sont mises
sur le bureau derrière lequel opère J.P. Girard (en
manches de chemise retroussées) dans le champ de
la caméra vidéo qui ne les quitte pas (pendant que
J.P. Girard dispose d'autres éprouvettes et fait une
tentative sur un barreau d'alliage léger, sans quitter
son siège) jusqu'au moment où débutent les expé-
riences suivantes :
a) J.P. Girard prend l'éprouvette nº 2 délicatement
par une tête et sans exercer d'effort (le film permet
de l'affirmer), la met dans un tube, le bouche avec
un bouchon (toujours devant la caméra), prend le
tube bouché à pleine main (main gauche, le bouchon'
restant toujours visible), et se concentre. Il donne
ensuite le tube à C. Crussard et, à partir de ce mo-
ment, ne touchera plus à l'éprouvette.
C. Crussard retire l'éprouvette du tube : elle a une
flexion faible mais nette près d'une extrémité, visible
à l'œil, et qu'on vérifie en la faisant rouler ; la véri-
fication à l'aimant indique, près de cette même extré-
mité, un fort magnétisme local (voir tabl. I). Toute
l'opération ayant été filmée, il ne peut y avoir de
substitution. C. Crussard remet l'éprouvette dans sa
boîte pour étude ultérieure ;
b) J.P. Girard prend l'éprouvette nº 3, qui est res-
tée toujours visible. Mêmes opérations que pour le
nº 2, à cela près qu'un spectateur, à un moment,
occulte la caméra. Après que J.P. Girard se soit con-
centre, C. Crussard reprend le tube bouche, en
retire l'éprouvette et la fait rouler. Celle-ci est
restée droite, et pourtant elle présente un magné-
tisme local analogue à celui de l'éprouvette nº 2,
mais cette fois sans deformation. Elle est remise
en boîte, pour étude également.
Premières mesures
Le lendemain, C. Crussard évalue le magnétisme
et les déformations. Pour le magnétisme, c'est tou-
jours le même aimant qui est utilisé ; les forces
d'arrachement F définies plus haut sont indiquées
dans le tableau I (à 0,01 N près environ). Pour les
déformations, ou flèches Y, on applique une des
têtes contre une règle et on mesure la distance
entre l'autre tête (côté intérieur) et la règle. Au
début de l'essai on a vérifié que les éprouvettes
" tournaient rond ».
Sur la figure 3, on voit très bien l'inflexion près
d'une tête.
TABLEAU I :
Mesure
Éprouvette i
nº 2
Eprouvette
nº 3
Flèche d'un côté y 1 (mm).
2,5
< 0,3
Flèche de
l'autre côté
y 2
1,7
< 0,3
Flèche
y 1+y 2
2,1
< 0.3 '
moyenne y = -
2
Force d'arrachement f de
l'aimant (N) :
- une tête
0,12 (*)
0,03
- extrémité du fût cylin-
drique
0,15
0,22
- milieu
0,02
0,03
- autre extrémité du fût
cylindrique
0,02
0,02
- autre tête
0,05
0,01
(*) Valeur maximale.
Examens en laboratoire
Des examens divers, d'ailleurs destructifs, ont été
faits sur l'éprouvette nº 2. Le barreau a été scié élec-
trolytiquement au ras de la tête magnétique. On a
pu ainsi introduire l'extrémité magnétique de la par-
tie cylindrique du barreau dans la bobine d'un appa-
reil Sigmatest : l'aimantation spécifique à saturation
est de 2,8, correspondant à une proportion de 1,9 %
de phase magnétique (x').
Pour l'éprouvette nº 3, une étude non destructive
aux rayons X a révélé dans la zone magnétique.
outre l'austenite, des martensites a' et E, celle-ci
en forte proportion.
Figure 3. - Photographie de l'éprouvette d'acier
inoxydable nº 2, après l'expérience.
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
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Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
Figure 4. - Micrographie de la zone localement
transformée de l'éprouvette d'acier inoxydable nº 2 :
(a) près de la surface, (b) à cœur.
Les micrographies (éprouvette nº 2) sur surface
polie mécaniquement puis électrolytiquement (fig.
4 a et 4 b) révèlent un mélange de martensites & et
a'. Par comparaison avec les études antérieures
faites sur cet acier, on peut affirmer que ces struc-
tures n'ont ni le faciès d'une martensite obtenue
par refroidissement, ni celui d'une martensite pro-
duite par désensibilisation de l'austénite en la
chauffant. Ce ne peut être qu'une martensite de
déformation (avec quelques traces de martensite
due à la préparation de la surface polie). La densité
de martensite semble assez uniforme sur toute la
section : malgré l'incertitude qui découle toujours
en micrographie du choix des champs, les figures
4 a et 4 b montrent des aspects comparables à sur-
face et à cœur. La quantité de martensite observée
sur ces micrographies correspond à celles que l'on
obtient sur cet acier par des déformations de trac-
tion de 5 à 10 % ; elle est donc beaucoup plus forte
que ce qui correspondrait à la faible flexion obser-
vée (fig. 3). Sa localisation est très surprenante,
Essais de simulation
Le magnétisme local de la tête de l'éprouvette
nº 2 n'a pu échapper à la vérification faite au début
de l'essai et qui portait notamment sur les têtes.
Néanmoins, deux assurances valant mieux qu'une,
nous nous sommes donc demandé si nous pouvions
imaginer un processus métallurgique capable de
produire ces martensites localisées, tout en laissant
les éprouvettes bien droites ou seulement légère-
ment fléchies.
Comme il s'agit de martensite d'écrouissage, il
faut opérer par déformation. La manière la plus ap-
prochée pour reproduire sa localisation près d'une
tête, avec cette abondance, est la flexion alternée.
Nous avons fait des essais sur une autre éprouvette,
nº 1, non magnétique au départ ; il faut coïncer une
tête dans un étau, fléchir d'environ 30° et redresser.
Mais alors, à cause des propriétés spéciales de cet
acier, l'éprouvette se met en S de façon très visible
(fig. 5). Pour la remettre droite, il faudrait usiner
une matrice en forme et recomprimer l'éprouvette à
la presse ! Autre différence : sur l'éprouvette nº 1
ainsi traitée, le magnétisme de l'extrémité du fût
est comparable à celui de l'éprouvette nº 2, mais la
tête n'est pas magnétique, ce qui est évidemment
normal.
Un examen micrographique pratiqué sur une autre
éprouvette fléchie encore plus fortement et redressée
révèle de la martensite d'écrouissage, mais avec une
répartition hétérogène très nette : la densité de mar-
tensite est plus faible à cœur qu'à la surface (fig.
6 a et 6 b), ce qui est normal, mais constitue une
différence avec l'éprouvette nº 2. Pour avoir une den-
sité uniforme dans la section, et de l'importance
observée, il faudrait pouvoir exercer une déformation
du genre traction localisée dans l'extrémité du fût
et dans la tête (de l'ordre de 5 à 10 % pour l'éprou-
vette nº 2, et au moins 10 % pour l'éprouvette nº 3) ,
mais qui ne change pas sensiblement les diamètres
Figure 5. - Eprouvette d'acier inoxydable nº 1 après
un essai de simulation.
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
ODE DE QUELQUES DEFORMATIONS ET TRANSFORMATIONS APPAREMMENT ANORMALES DE METAUX
123
a)
b)
Figure 6. - Micrographies semblables à celles de la figure 4, mais pour une éprou-
vette avant subi un essai de simulation : (a) près de la surface, (b) à cœur.
du fût ni de la tête (*). Il faudrait une succession de
rétreints et de pétrissages, tout ceci sans laisser de
trace sur l'éprouvette !
Conclusion
L'ensemble des observations décrites ci-dessus
permet de constater :
- qu'une transformation martensitique locale a
été réalisée au cours de l'essai sur deux éprouvettes,
accompagnée sur l'une d'elles d'une petite flexion
près d'une tête,
- que nous n'avons pu imaginer aucune opération
métallurgique simple capable de reproduire exacte-
ment les structures observées dans les zones trans-
tormées.
Modifications locales de dureté
de plaquettes métalliques
Cette expérience a été effectuée à quatre reprises
par J.P. Girard en des lieux et devant des observa-
teurs différents. Lors de la première séance
[27.10.1976), l'un des expérimentateurs lui proposa,
à l'improviste, un essai d'un type nouveau : durcir
une plaquette métallique en essayant de « compac-
ter » le métal. Le protocole expérimental retenu pour
cet essai et repris pour les trois autres, à quelques
(*) Dans le cas de l'éprouvette nº 3, on a mesuré une
très légère diminution de section (0,5 %) dans la
zone devenue magnétique. Notons qu'on pouvait
aussi songer à une simulation par torsion ; mais on
ne voit pas cosproved For Release 2000/08/07
localisee pres d'une tete et dans celle-ci.
détails près qui seront mentionnés, était le suivant :
on soumet à J.P. Girard une plaquette en duralumin
de dimensions, de composition et de repère connus
du seul expérimentateur (et différents pour chaque
nouvelle expérience). Dans un premier temps, J.P.
Girard prend contact avec l'éprouvette en la frottant
ou la caressant avec les doigts sous contrôle rappro-
ché des expérimentateurs. L'éprouvette est ensuite
placée par l'expérimentateur dans un tube de verre
bouché après vérification de la rectitude et du repè-
re. Le tube est alors redonné à J.P. Girard pour essai.
L'éprouvette reste dans le tube jusqu'à l'examen en
laboratoire. Pour l'essai 4, la phase en tube de verre
fut supprimée, car elle n'apportait aucune garantie
supplémentaire par rapport au protocole initial qui
acceptait un contact manuel pendant la phase initiale.
Matériaux d'essai et conditions opératoires
Les quatres plaquettes modifiées étaient toutes en
duralumin à l'état T351 (trempe à 505℃ dans l'eau
froide, traction de détensionnement de 1,2 à 2 %,
maturation d'au moins 48 h). Deux compositions fu-
rent utilisées (une d'alliage quaternaire A-U4SG de
composition non commerciale, et une en alliage 2017
industriel). Un symbole anonyme gravé au fer sur
le métal et différent à chaque expérience permettait
aux observateurs d'identifier sans équivoque la pla-
quette d'essai d'un simple coup d'œil. Chaque pla-
quette était issue d'un lot de plaquettes identiques
ayant subi le même traitement et les plaquettes té-
moins de chaque lot étaient conservées en laboratoire
pour comparaison et essais de simulation ultérieurs.
e tableau resume les.
CIA-RDP96-00787R000500160002-0
et
les_caracteristi-
-
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
CRABSARD & POUVANT
TABLEAU II :
Essai
Date
Lieu
Observateurs
Caractéristiques initiales
de l'échantillon
Nature
Dimensions
Repère
1
27.10.76
Grenoble
J.B. et B.D.
16 × 2,5
X
150
11 - 1
A-U4SG-T351
2
25.11.76
Lyon
J.B., P.G. et J.G.
14 X
2,4
X
160
11 - J
A-U4SG-T351
3
25.11.76
Lyon
J.B., P.G. et J.G.
14 ×
2,6
X
160
11 - H
A-U4SG-T351
+ billage
.
4
10.10.77
Londres
J.B. et J.H.
12 × 3,0 X
160
VG
A-U4G-T351
usinée +
brillantée
Observations durant l'expérience
PREMIER ESSAI :
Pendant la phase de prise de contact du bout des
doigts (~ 2 mn), on observa successivement deux
légères flexions de la plaquette 11-1, en sens inverse
l'une de l'autre, de flèches respectives (+ 1 mm) et
(- 0,5 mm] . L'éprouvette fut alors mise en tube de
verre avec une flèche résiduelle totale de + 0,5 mm
(la fibre légèrement convexe correspondait à la face
gravée). Le tube fut alors donné à deux reprises à
J.P. Girard (5 mn).
DEUXIEME ESSAI :
Aucune flexion avant la mise sous tube. Durée
de l'exposition : 3 mn.
TROISIEME ESSAI :
L'éprouvette 11-H avait été grenaillée au préala-
ble sur toute
la longueur des 2 faces, pour voir
si un durcissement supplémentaire local était fai-
sable. Durée : environ 3 mn, sans déformation.
QUATRIEME ESSAI :
L'éprouvette VG est essayée à deux reprises par
J.P. Girard (durée de l'exposition : 2 fois 2 mn) .
DURETE :
Après polissage électrolytique, la mesure de du-
reté au microduromètre Vickers sous charge de
3 kg (~ 30 N) fut effectuée sur les deux faces
des éprouvettes soumises à expérience, ainsi que
sur les éprouvettes témoins conservées en labora-
toire. Les empreintes furent effectuées avec un pas
de 1 à 2 mm (selon les cas). Des contre-mesures
pratiquées en double aveugle par des opérateurs
différents (pour les essais 2 et 4) conduisirent à
des résultats équivalents.
Les résultats obtenus par cette technique, dont
deux cas sont représentés sur les figures 7 et 8,
permettent de mettre en évidence des accroisse-
ments notables et simultanés de dureté sur les
deux faces opposées. Les longueurs des zones mo-
difiées et les accroissements maximaux de dureté
sont regroupés dans le tableau Ill. Compte tenu
de la dispersion (caractérisée par l'écart-type in-
diqué entre parenthèses à l'avant-dernière colonne),
ces observations montrent de façon complètement
significative qu'il y a eu modification du métal lors
des quatre essais.
On voit que les durcissements maximaux obser-
vés vont de 6 % (essai 4) à 12 % (essai 2) et
sont en moyenne de 8%. Lors de l'essai 4, on
avait effectué avant l'expérience six empreintes
Vickers à mi-longueur parce que dans les essais
précédents, le durcissement avait toujours eu lieu
dans cette zone, donnant des duretés de :1 200
à 1 210, ce qui permet d'éliminer complètement
l'hypothèse d'une hétérogénéité de dureté préexis-
tante ; notons, en passant, que cet essai est par-
ticulièrement intéressant parce qu'il a été exécuté
en Angleterre, chez le Professeur J. Hasted, et que
les duretés ont été remesurées « en aveugle » et
Examens en laboratoire
Pous les quatre essais, les examens comparatifs
des repères gravés, dimensions, poids, empreintes
de dureté initiales des éprouvettes, ont confirmé
que les éprouvettes rendues au laboratoire étaient
bien celles
perience
Approved For Release 2000/08/07 : CIA ROPS6-00787R000500160002-0dant.
a l'Electrical Research Association.
1400
135'
120
130℃
12C
110
Fig
l'é;
TA
-
ETUDE DE OU
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-95
AU4 SG T351
DURETE
VICKERS
éprouvette 11-1
(Mpa) :
1400
face : 1
charge : 2,94 dal
1350
90
1200
(Npa)
face : 2
1300
T
90
7
1200
distance a l'extrémité repérée
1100.
50
100
150
(mm)
Figure 8. - Dureté mesurée sur les deux faces de
l'éprouvette d'alliage léger VG, avant et après essai.
TABLEAU III :
Dureté initiale
Essai
Éprouvette
Dureté maximum
dans la zone modifiée
(MPa)
Extrémité
plaquette
Témoin
(écart-type)
Longueur
significativement
modifiée
(mm)
1
11 - 1
Face 1
1340
1240
1220 (15)
20
Face 2 (R)
1290
1200
1230 (14)
30
2
11 - J
Face
1
1340
1180
1180 [20)
20
Face 2
(R)
1310
1190
1200
(21)
20
3
11 - H
Face
1
1420
1290
20
Face 2
(R)
1380
1260
15
4
VG
Face 1
(R)
1270
1200 (7)
1210 (15)
35
Face 2
1290
1200 (9)
1200 (10)
35
--
(Mpa) 4
1300}
charge : 2,94 daN
face repérée
+
| 2×2 5
1200
.
4
130ut
face non repérée
C
2×20
1200
+
distance a i extrémité repérée
1100-
0
50
100
150
(mm)
dureté a mi largeur
1 º avant i
1 + après !
expérience
Figure 7. - Duretés mesurées sur les deux faces de
l'éprouvette d'alliage léger 11-1, après essai.
E
2
DURETE VICKERS
plaquette V.G.
++ ++
"t
-
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126
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BOUVAIST
CONTRAINTES INTERNES :
Deux techniques ont été utilisées afin de mettre
en évidence d'éventuelles différences de contrain-
tes résiduelles longitudinales des zones modifiées.
La technique de mesure superficielle par diffraction
X (méthode en sin2 +) utilisée sur l'éprouvette 11-1
indique une modification importante de la contrainte
résiduelle longitudinale sur les deux faces opposées
de la zone modifiée : on observe, en effet, une
contrainte résiduelle de - 80 MPa sur la face non
marquée (légèrement concave) et de + 80 MPa
sur la fibre opposée (marquée). Sur les extrémités
non modifiées, on retrouve l'état de contrainte ini-
tial normal pour cet état métallurgique (T351), soit
FR = - 15 MPa.
Ce point a été confirmé en mesurant sur l'éprou-
vette 11-J les déformations relatives créées sur
la face 2 lors de l'usinage chimique progressif de
toute la face opposée (1). On observe, par cette
technique (dite de Rosenthal-Norton) une variation
importante et significative de la jauge située à
l'aplomb de la zone modifiée, alors qu'une jauge
située sur la même fibre, à 25 mm de la zone
modifiée, a un comportement normal semblable à
celui des deux jauges situées sur le témoin. On
peut donc conclure, sans ambiguite, que la modi-
fication locale de dureté est associée à une modi-
fication locale de l'état de contrainte résiduelle de
cette zone.
MICROSTRUCTURE :
Les éprouvettes modifiées lors des essais 1 et
2 et les témoins correspondants, ont fait l'objet
d'examens au microscope électronique en trans-
mission (100 kV). Des lames minces parallèles à
la surface et amincies avec soin pour éviter toute
déformation ont été prélevées à mi-épaisseur et
sur les deux faces opposées de la zone modifiée
de l'éprouvette 11-1, ainsi que sur la zone super-
ficielle modifiée (face 2) de l'éprouvette 11-J.
Dans les deux cas, on observe que les zones
modifiées présentent une microstructure caracté-
ristique comportant une densité très importante de
petites boucles de dislocation d'environ
200
angstroms de diamètre (fig. 9 a et 10, a et b). A
mi-épaisseur, on trouve une densité de boucles
plus faible, mais significativement plus forte que
dans le métal initial prélevé en bout d'éprouvette
(fig. 9 b) et sur un témoin.
Dans le cas de l'échantillon 11-1, on a effectué un
comptage comparatif des boucles visibles dans la
coupe (110) avec : g = [111] s > 0 ; après avoir
mesuré les épaisseurs respectives des différentes
lames, on trouve les résultats donnés au tableau
IV (moyenne de 5 champs).
En résumé, on observe que les modifications pro-
duites par J.P. Girard sur les plaquettes en dura-
lumin qui lui ont été soumises, entraînent
simultanément :
- un durcissement superficiel de l'ordre de 8 %
localisé sur les deux faces des plaquettes, sur une
longueur pouvant atteindre 40 mm et une largeur
de 10 à 15 mm,
- la modification des contraintes résiduelles
superficielles dans la zone modifiée,
- la création, dans cette zone, d'une micro-
structure particulière comportant une densité très
élevée de petites boucles de dislocation (Ø 200
angstroms),
- l'absence de déformation macroscopique de
flexion (sauf pour l'essai 1 - voir plus haut).
Essais de simulation
Comme dans le cas de l'acier inoxydable, nous
avons cherche une double assurance en essayant
d'imaginer par quels moyens simples de déforma-
tion on pouvait simuler les états précédents.
TABLEAU IV :
Prélèvement
Densité de boucles
visibles
(cm-3)
Densité relative par
rapport au témoin
11-1 (témoin)
HV = 1240
7,4. 1013
1
11-1
face 1
zone modifiée
1
HV = 1340
130
. 1013
18
11-1
1
face 2
84 .1013
11
zone modifiée
1
HV = 1290
11-1 mi-épaisseur
61
. 1013
8
Approved For Release 2000/08/07 - CIA-RDP96-00787R000500160002-0
-
..
UDE DE QUELQUES DEFApproved: FODRRelease 2000/08/07LES 01A-RDP96-00787R000500160002-0
0. 1 um
a)
0.1um
-
b)
-
Figure 9. - Micrographies électroniques en lame mince et diagrammes de diffrac-
tion électronique de l'éprouvette d'alliage léger 11-1 : (a) zone superficielle durcie ;
(b) partie non modifiéc. Conditions de contraste identiques dans les deux cas.
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
. ..
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
BOUVAIST
Notons d'abord que les micrographies électroni-
ques montrent que les zones de Guinier-Preston ne
sont pas dissoutes et sont les mêmes à la fin de
l'essai qu'à l'état original. Ceci exclut toute simu-
lation par
traitement thermique, notamment par
chauffage
superficiel
(induction ou rayonnement
optique). Nous sommes ainsi amenés à envisager
des essais de simulation mécanique.
FLEXION ALTERNEE
Compte tenu du fait que le contact manuel était
autorisé pendant la première phase de l'expérience,
on pouvait se demander si une opération subreptice
de flexion alternée dans le domaine plastique
n'était pas suffisante pour conduire aux modifica-
tions observées.
Des essais de flexion alternée effectués sur des
témoins ont permis de voir qu'il fallait introduire
une déformation plastique totale d'au moins 5 %
par flexion alternée pour obtenir un durcissement
de l'ordre de celui qui avait été observé précédem-
ment (~ 8 %). Ceci nécessite de plier très forte-
ment l'éprouvette jusqu'à atteindre un rayon de
courbure de 50 mm (ce qui correspond à une flè-
che de l'ordre de 30 mm, incompatible avec les
observations faites), puis de la redresser par une
flexion en sens inverse.
Cette simulation ne permet cependant pas de
reproduire l'état structural observé sur les éprou-
vettes modifiées par J.P. Girard. On observe alors,
en effet, dans les zones durcies, par microscopie
électronique, des écheveaux de dislocations mais
pas d'accroissement significatif du nombre de bou-
cles de dislocation.
a) Eprouvette 11-I, essai avec J.P. Girard, face 1.
b) Eprouvette 11-I, essai avec J.P. Girard, face 2.
c) Eprouvette de simulation par grenaillage.
-
d) Eprouvette de simulation par compression à la
presse.
Figure 10. - Micrographies électroniques
Approved For Release 2000/08/07 ;. CIA-RDP96-00787R066500160002-0
ETUDE DE QUELQUES Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
ANORMALES DE
129
ESSAI DE COMPRESSION A LA PRESSE
Un essai de compression local à la presse de la
plaquette témoin 11-U sous 300 MPa (o e = 220
MPa), a permis d'obtenir un durcissement des sur-
faces respectivement en contact avec le poinçon
et la table, voisin de celui qui était recherché
(J HV = 140 MPa), avec une microstructure ana-
logue à celle qui était observée sur les éprouvettes
modifiées (fig. 10 d), mais avec une moindre den-
sité de boucles. On observe cependant une dimi-
nution d'épaisseur de 13 % et une modification
uniforme dans la section de la structure et de la
dureté, ce qui n'est pas le cas pour les éprouvettes
« durcies » par J.P. Girard ; des mesures d'épais-
seur de la plaquette 11-J revélaient cependant une
réduction d'épaisseur de l'ordre de 2 % à l'aplomb
de la zone modifiée.
ESSAI DE GRENAILLAGE (shot-peening)
Un essai de grenaillage superficiel des deux fa-
ces opposées du témoin (11-M) (*) a permis de
simuler l'essentiel des points que l'on cherchait à
reproduire : durcissement superficiel J HV de
70 MPa, absence de flexion permanente, micros-
tructure analogue (heterogene dans l'épaisseur
avec une densité maximum de boucles de disloca-
tion au voisinage des surfaces). On obtient cepen-
dant par ce moyen une surface dépolie d'aspect
très différent de celui des éprouvettes modifiées
par J.P. Girard et il faut effectuer un polissage
supplémentaire pour restaurer un état de surface
comparable.
L'ensemble des observations
et
simulations
effectuées montrent qu'il faudrait effectuer un
effort de compression des plaquettes normale à la
surface créant une déformation plastique hétérogè-
ne dans la section pour reproduire l'essentiel des
particularités physiques observées sur les plaquet-
tes métalliques localement et superficiellement
durcies par J.P. Girard. L'énergie mécanique re-
quise pour simuler une telle modification peut être
estimée d'après l'essai de simulation par compres-
sion : on trouve 1,6 J.
On peut aussi produire des boucles de ce genre
par irradiation neutronique.
Conclusion
L'ensemble des observations effectuées sur les
plaquettes de duralumin soumises à J.P. Girard,
permet de constater :
- que le durcissement demandé a bien été réa-
lisé à quatre reprises pendant l'essai,
- qu'aucune
operation
metallurgique
simple
connue des auteurs ne permet de reproduire exac-
tement les différentes particularités physiques ob-
servées dans les zones localement durcies.
DISCUSSION ET CONCLUSION
Nous avons décrit dans cet article un certain
nombre de déformations et transformations de mé-
taux obtenues dans des conditions particulières.
Les lieux où se sont produits ces essais et les
personnes qui les ont observés ont été variés ;
la seule présence constante, commune à tous ces
essais, a été celle de J.P. Girard lui-même : il y a
donc eu corrélation entre sa présence et l'appari-
tion des effets particuliers observés. Il semble
donc qu'on ait le droit de dire que J.P. Girard fait
partie de la « cause » de ces effets. Mais, pendant
ces déformations ou transformations, nous n'avons
observé ni enregistré de sa part aucune interven-
tion de forces musculaires ou d'effets physiques
capables de les produire.
Il semble donc qu'on puisse conclure au carac-
tère « anormal » de ces effets, surtout si l'on tient
compte des observations suivantes :
- pour une des éprouvettes déformées (voir
« séance du 27 octobre 1976 »), les précautions pri-
ses pour son repérage et le suivi de la déforma-
tion par tracés de. profils successifs sont de nature
à prouver qu'il n'y a pas eu substitution ; la résis-
tance très élevée de cette éprouvette nous semble
suffisante pour exclure toute explication par une
action purement manuelle et musculaire,
- pour l'autre éprouvette déformée en tube de
verre (Séance du 31 mars 1976), le mode opéra-
toire décrit semble établir que la déformation, bien
que faible, est assez nette et s'est faite alors que
l'éprouvette était dans le tube,
- pour les cas de transformation locale de
structure, par transformation martensitique (§ « Es-
sais en tubes fermés sur acier inoxydable ») ou
par création de nombreuses petites boucles de dis-
locations (§ « Modifications locales ... métalliques »,
les précautions décrites montrent qu'il n'y a pas
eu substitution. La production de ces effets en tube
ou avec contact léger exclut toute explication « nor-
male ». Même s'il y avait eu substitution, il faut
noter l'impossibilité où nous avons été de repro-
duire l'ensemble des particularités physiques des
pièces ainsi transformées, ni d'imaginer aucune
opération métallurgique simple capable de le faire.
Nos essais de simulation ont, en effet, permis de
reproduire les éléments structuraux nouveaux pro-
(*) Conditions opératoires : machine Matrasur, pression
air : 7 bars
debit 0,85 m3/mm billes de
(Ø 75 à 110Approved For Release 2000/08/07 :aCIA-RDP96-00787R000500160002-0
130
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
C. CRUSSARD, J. BOUVAIST
en combinant plusieurs de ces actions de simula-
tion de façon complexe (actions qui auraient d'ail-
leurs laissé des traces sur l'éprouvette), on arri-
verait peut-être à simuler la texture locale et la
disposition de ces éléments structuraux, mais on
produirait des variations de dimensions beaucoup
plus fortes que celles observées, qui sont très
faibles ou nulles. Le caractère localisé de ces
transformations est surprenant.
Ces expériences font partie d'un ensemble
d'essais beaucoup plus nombreux, que nous avons
passés au crible et soumis à une longue étude
critique dans les conditions décrites dans l'intro-
duction. Dans cet ensemble, nous avons d'ailleurs
eu des essais où il ne s'est rien passé, et d'autres
où nous avons nettement observe des impulsions
musculaires, à côté d'effets positivement « anor-
maux ».
Il est bon de souligner que les effets observés
ont une certaine reproductibilité : les flexions de
barres ont été produites de nombreuses fois, les
transformations martensitiques locales deux fois,
et les durcissements locaux quatre. Le dernier de
ces quatre essais, celui fait chez le Professeur
Hasted, est le plus significatif, parce qu'il com-
porte une mesure de dureté avant essai dans la
zone où se produit ensuite le durcissement, et
parce que l'augmentation de dureté a été vérifiée
dans deux laboratoires indépendants, dont un labo-
ratoire anglais opérant « en aveugle » .
Dans aucun de ces essais, J.P. Girard n'a produit
de structures inconnues. Les modifications de struc-
ture observées sont du type de celles produites
par certains genres de déformations. Leur réparti-
tion est normale dans les cas de flexion simple,
mais anormale dans les transformations sans dé-
formation ou avec deformation faible.
Si ces effets avait été produits par application
de forces, le travail à dépenser dans le cas de
l'éprouvette la plus grosse aurait atteint environ
12 J. L'augmentation d'enthalpie correspondante
serait de 2 à 3 J.
Dans cet article, nous n'avons nullement l'inten-
tion d'imposer nos conclusions comme des vérités
scientifiques complètes. Mais nous avons cru de
notre devoir d'exposer objectivement les conditions.
et les résultats de ces expériences. Nous n'avons
trouvé d'explication aux effets observés, ni dans la
physique actuelle, ni dans les truquages possibles :
mais d'autres sauront peut-être en imaginer.
A PROPOS DE L'ARTICLE DE CH. CRUSSARD ET J. BOUVAIST
L'article ci-dessus a été écrit à la suite d'expériences mettant en cause le comportement anormal de
métaux ou alliages en présence de J.P. Girard. Je peux assurer que ces expériences ont été effectuées
avec une grande rigueur scientifique, de façon à éliminer autant que possible toute tricherie ; cependant,
plusieurs d'entre elles n'ont pas convaincu, car il reste toujours la possibilité d'un truquage.
Beaucoup de phénomènes sont rejetés par le monde savant parce que considérés comme irrationnels ;
mais ce n'est pas faire preuve d'honnêteté scientifique que de refuser a priori de chercher à les observer
et à les contrôler par soi-même, dans un souci de vérité.
Plusieurs personnalités scientifiques n'ont pas hésité à participer aux expériences de J.P. Girard, sim-
plement pour les « voir » objectivement. J'ai eu personnellement cette occasion et j'ai été parfois troublé
par ces expériences qui, comme l'a dit un de nous, nous mettent nous, physiciens, dans une situation
très inconfortable.
De toutes ces expériences, la plupart enregistrées en vidéo, avec un luxe considérable de contrôles,
seules ont été retenues par C. Crussard et J. Bouvaist, celles qui font l'objet de cet article. Jusqu'à preuve
du contraire, il n'a pas été possible de donner une explication rationnelle des transformations observées
et décrites - ce qui ne signifie naturellement pas qu'on n'en trouvera pas par la suite.
Il a paru intéressant aux auteurs de l'article de publier leurs observations, sachant bien qu'ils iraient
au devant d'un scepticisme assez général - mais il ne faut voir dans leur démarche que le désir de faire
connaître des phénomènes évidemment inexplicables dans l'état actuel de nos connaissances.
J'ai accepté pour ma part d'ajouter ces quelques lignes, ayant eu l'occasion de suivre d'assez près
ces expériences, simplement pour donner ma caution sur la rigueur scientifique avec laquelle elles ont
été conduites par les auteurs. Trop de facteurs sont encore indéterminés pour qu'il soit possible d'en don-
ner une interprétation valable.
Approved For Release 2000/08/07 : CIA-RDP96-00787R000500160002-0
des
Sciences.

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